La communication politique. Entre l'impensé, les a priori et les typologies (Avant-Propos)

Dominique WOLTON
1995 Hermès  
Entre Pimpensé, les a priori et les typologies La communication et la politique ont mauvaise presse. Ceci n'augure rien de bon quant à leur mariage, incertain, dans la communication politique. Voilà la réalité d'où il faut partir, accentuée par la terrible ambiguïté qui entoure ces deux mots. En effet, si la communication est une valeur, une des plus belles de l'expérience humaine, puisqu'elle est liée à la question de l'autre, elle est aussi devenue une industrie, un commerce et une idéologie.
more » ... e et une idéologie. On retrouve la même ambiguïté pour la politique qui est à la fois une des aspirations les plus puissantes de l'homme et le symbole de toutes les ambitions, les idéologies et les compromissions. Rapprocher deux mots aussi ambigus ne simplifie pas leur valorisation. D'autant qu'en un demi-siècle, il semble que les aspects les plus discutables de ces deux activités aient pris le dessus, avec le règne de la politique spectacle, la tyrannie de l'instant, le marketing politique, la primauté aux sentiments contre les raisonnements... Et, pour aller jusqu'au bout de cette appréhension, on a le sentiment que dans le couple communication politique, la communication -au plus mauvais sens du terme -l'emporte sur la politique. Pas seulement pour des raisons commerciales, mais aussi pour des raisons liées au succès de la démocratie de masse. En effet, s'il n'y a pas de démocratie de masse sans communication de masse, la conséquence en est le règne des médias et de la publicité, avec toutes les dérives observées depuis trente ans. En réalité, ces dérives ne mettent pas en cause le statut de la démocratie de masse mais illustrent l'indispensable nécessité, et difficulté, d'une communication à l'échelle du grand nombre. Le pire contresens consiste à confondre les inévitables difficultés à conceptualiser et HERMÈS 17-18, 1995
doi:10.4267/2042/15202 fatcat:t7z46x7rwrfstnp35uvycyxosi