Du mythe du « cavalier solitaire » à la quête du « bon allemand » : une métaphore obsédante chez Nuto Revelli

Marie-Françoise Zana Regniez
2005 Cahiers d'études italiennes  
Référence électronique Marie-Françoise Zana Regniez, « Du mythe du « cavalier solitaire » à la quête du « bon allemand » : une métaphore obsédante chez Nuto Revelli », Cahiers d'études italiennes [En ligne], 3 | 2005, mis en ligne le 15 décembre 2006, consulté le 30 septembre 2016. URL : http://cei.revues.org/284 ; DOI : 10.4000/ cei.284 Ce document est un fac-similé de l'édition imprimée. © ELLUG Du mythe du « cavalier solitaire » à la quête du « bon allemand » une métaphore obsédante chez
more » ... obsédante chez nuto revelli Marie-Françoise Zana Regniez Université Stendhal -Grenoble 3 L'ensemble de l'oeuvre de Nuto Revelli a pour sujet la guerre ou plus précisément la ré-appropriation de l'histoire de la guerre à travers le témoignage des « humbles » qui y ont participé. Dans les deux ouvrages dont il sera question ici, c'est avant tout la démarche personnelle de Nuto Revelli, jeune officier choisissant, après la campagne de Russie, la Résistance et, au seuil de la vieillesse, s'interrogeant sur la nécessité, pour lui, qu'il existe quelque part un « tedesco buono », qui mobilisera notre attention. En outre, si l'on considère, comme c'est mon cas que, depuis les années 1980 en particulier, on rencontre de façon récurrente dans la littérature italienne (et pas seulement italienne) quelque chose qui s'apparente à la problématique de la quête (parmi d'autres : Tabucchi, Notturno Indiano, Del Giudice, Lo Stadio di Wimbledon, etc.), on est d'autant plus sensible à la recherche -qui est celle de Nuto Revelli dans Il disperso di Marburg 1de l'existence possible « del nemico buono ». Cette recherche, qui deviendra obsessionnelle chez Nuto Revelli, a pour point de départ l'histoire insolite -devenue au fil des années une sorte de légende populaire -d'un « cavaliere cortese e solitario » qui aurait mystérieusement disparu à la fin de la Seconde Guerre mondiale dans la campagne piémontaise. Elle m'apparaît aller bien au-delà du simple « giallo » que voudraient y voir certains, même parmi les interlocuteurs de Nuto Revelli 2 . Cette « recherche » est, selon moi, non seulement une leçon   Cahiers d'études italiennes, n° 3, 2005, p. 167-179.
doi:10.4000/cei.284 fatcat:wb2u75dwfnha7gcjylokpjknpm