Passio sanctorum sexaginta martyrum

Hipp. Delehaye
1904 Analecta Bollandiana  
Passion des soixante soldats martyrisés en Palestine lors de la conquête des Arabes nous a été fournie par le manuscrit A 5 {fol. 222-223v) de la Basilique de Saint-Pierre à Rome. Comme l'un de nous se propose de publier sous peu le catalogue complet des manuscrits hagiographiques de cette bibliothèque, nous ne décrirons pas cette fois en détail cet intéressant Passionnaire, un des plus anciens de la collection: il remonte au X• ou au XI• siècle. Le document dont nous allons nous occuper est,
more » ... nous occuper est, d'ailleurs, assez important par lui-même. Il donne la def d'une suite de problèmes littéraires et hagiographiques que l!on n'était point parvenu à éclaircir Jusqu'ici, sans compter les renseignements inédits qu'il nous apporte sur un épisode important de la conquête de la Syrie par l'Islam. Nous n'avons rencontré qu'un seul manuscrit de la Passion des Soixante Martyrs. Pourtant, elle a laissé des traces, g_ue nous tâcherons de suivre, dans un certain nombre de martyrologes, ~t, ce qui parait surprenant, dans le légendaire de Bologne, où elle a donné naissance à la Passion de S. Florianus. Nous allons d'abord l'étudier en elle-même, pour nous occuper ensuite de ses dérivés. I. La Passion des Soixante 'Martyrs. Ce qui frappe tmd d'abord, à la lecture de la pièce, c'est le style étrange et barbare dans lequel elle est écrite. Il est à peine nécessaire de faire remarquer qu'elle est traduite du grec. Des expressions comme Christo amabilis civitas, petere verbum, clare verbum, in carcerem inferratos duci, mense novembrio, decembrio, etc., etc., ne sont point tombées d'une plume latine et révèlent le traducteur inexpérimenté. Ce traducteur connaissait probablement le grec beaucoup mieux que le latin. En effet, son vocabulaire est mal fourni, et il ignore également la morphologie et la syntaxe. On pourra s'en rendre compte en lisant rapidement la pièce que nous avons fidèlement t•eproduite avec toutes les fautes, celles du moins dont l'auteur lui-même nous a paru responsable. Ge n'est pas à lui seul, bien certainement, qu'il faut faire remonter toutes les formes étranges et défectueuses dont le morceau est rempli.
doi:10.1484/j.abol.4.00514 fatcat:dmanpuuwmveqjkqyxxl5ee4jqe