Diagnostic préopératoire et traitement chirurgical des épilepsies

M Kurthen, T Grunwald, HJ Huppertz
2008 Swiss Medical Forum = Forum Médical Suisse  
Forum Med Suisse 2008;8(44) :836-843 836 ment augmenté de l'activité bioélectrique dans de grands ensembles de neurones cérébraux. Dans les épilepsies idiopathiques, il existe une prédisposition accrue aux crises comitiales, alors que dans les épilepsies symptomatiques, les crises sont l'expression d'une lésion cérébrale (malformation, inflammation, tumeur, malformation vasculaire, traumatisme). La majorité des épilepsies idiopathiques sont «généralisées», autre ment dit, l'activité cérébrale
more » ... ctivité cérébrale hypersynchrone concerne pratiquement la totalité du tissu cérébral. Les épilepsies symptomatiques sont en revanche le plus souvent «focales», dans la mesure où les crises prennent leur origine dans une zone circonscrite du cerveau, un foyer, classiquement au coeur d'une lésion focale. On appelle «cryptogènes» des formes d'épilepsies dont le tableau est celui d'une épilepsie symptomatique, mais sans présence d'une lésion sous-jacente décelable. Quelle que soit la forme d'épilepsie, le handicap constitué par les crises proprement dites, mais aussi et surtout par les conséquences sociales, telles que les limitations dans les activités professionnelles, l'inaptitude à la conduite de véhicules, l'isolement social et les fréquentes comorbidités psychiatriques (en particulier des états dépressifs) affectent parfois considérablement la qualité de vie des sujets touchés. La pharmacothérapie antiépileptique moderne permet aujourd'hui de contrôler les crises de manière satisfaisante chez 60-80% de patients, au prix de rares effets indésirables médicamenteux. En cas d'échec du traitement antiépileptique, on parle de «pharmacorésistance» ou, dans le langage courant, de «résistance à la thérapie» ou d'«épilepsies difficilement traitables». Dès qu'une pharmacorésistance est démontrée, il convient d'évoquer l'éventuelle indication à la chirurgie antiépileptique à visée curative. L'opération ne doit pas être considérée comme un traitement «de dernier recours» après des années voire des décennies de traitement médicamenteux divers. La chirurgie de l'épilepsie constitue aujourd'hui une alternative bien établie qui mérite d'être prise en considération bien plus tôt dans le courant de l'évolution de la maladie. Les succès remarquables de cette approche thérapeutique ont été reconnus dans le monde entier et confirmés récemment par une large étude randomisée [1]. On parle à l'heure actuelle de résistance au traitement ouvrant la voie
doi:10.4414/fms.2008.06635 fatcat:b5zgg46o4vcalgskb7bx2ik7yy