Extrême droite en Europe : une analyse géopolitique

Béatrice Giblin
2012 Hérodote  
Distribution électronique Cairn.info pour La Découverte. © La Découverte. Tous droits réservés pour tous pays. La reproduction ou représentation de cet article, notamment par photocopie, n'est autorisée que dans les limites des conditions générales d'utilisation du site ou, le cas échéant, des conditions générales de la licence souscrite par votre établissement. Toute autre reproduction ou représentation, en tout ou partie, sous quelque forme et de quelque manière que ce soit, est interdite
more » ... , est interdite sauf accord préalable et écrit de l'éditeur, en dehors des cas prévus par la législation en vigueur en France. Il est précisé que son stockage dans une base de données est également interdit. Document téléchargé depuis www.cairn.info -univ_paris5 --193.51.85.60 -19/05/2012 19h41. © La Découverte Document téléchargé depuis www.cairn.info -univ_paris5 --193.51.85.60 -19/05/2012 19h41. © La Découverte Hérodote, n° 144, La Découverte, 1 er trimestre 2012. Extrême droite en Europe : une analyse géopolitique Béatrice Giblin La montée électorale dès le début des années 1980 du Front national (FN), créé en 1972, a fait de la France une exception en Europe. On sait que ce n'est plus le cas et que, dans nombre de pays européens, non seulement les partis d'extrême droite obtiennent désormais des scores comparables à ceux du FN et parfois supérieurs, mais aussi que le système électoral leur permet de faire partie de coalitions gouvernementales, pour constituer des majorités de droite. On se souvient que l'Autriche fut le premier État européen à avoir une coalition gouvernementale dans laquelle se trouvaient des élus du parti d'extrême droite FPÖ. C'était une première depuis la Seconde Guerre mondiale, et l'émoi politique fut grand dans les pays de l'Union européenne (UE) car on se souvenait que la population autrichienne, dans sa grande majorité, avait été favorable à l'Anchluss et que les responsables politiques étaient, à l'image d'un Kurt Waldheim, pour partie les mêmes que durant cette triste période. Depuis, la présence de ministres d'extrême droite dans certains gouvernements européens ne suscite plus des réactions aussi fortes, sans doute parce que leur histoire n'est pas identique à celle de l'Autriche, sans doute aussi parce que la mise au ban des Autrichiens n'a eu aucun effet, le FPÖ ayant continué de prospérer y compris après la mort accidentelle de son leader Jörg Haider en 2008. En 2011, on voit combien les dirigeants de l'UE et la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, sont inquiets de la dérive autoritaire nationaliste du gouvernement hongrois dirigé par le Fidesz et son leader Viktor Orban, mais sans avoir guère plus de moyens de s'y opposer qu'une lettre offi cielle de mise en garde. Viktor Orban, sûr du soutien de la majorité des Hongrois, défi e l'UE en faisant voter des lois jugées incompatibles avec la législation communautaire : loi qui limite la liberté de la presse, loi sur les cultes religieux, loi électorale qui permet aux Hongrois des États voisins de voter pour les listes de partis.
doi:10.3917/her.144.0003 fatcat:tzzbo6iimrb3zhqr52et7jxaoy