Les oppositions socialistes à la CED : les acteurs du débat

Gilles Morin
2009 Les cahiers Irice  
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more » ... sauf accord préalable et écrit de l'éditeur, en dehors des cas prévus par la législation en vigueur en France. Il est précisé que son stockage dans une base de données est également interdit. Powered by TCPDF (www.tcpdf.org) Document téléchargé depuis www.cairn. Un parallèle entre le vote des parlementaires socialistes qui a contribué au rejet de la Communauté européenne de défense (CED) et le vote des électeurs du PS qui contribuèrent massivement à l'échec du référendum sur le traité européen de 2005 est possible mais s'épuise rapidement. Trois points communs peuvent être relevés. D'une part, le rôle des socialistes a été déterminant dans le double rejet. D'autre part, les militants et la direction ont été bafoués lors de ces deux crises, dans le premier cas par leurs parlementaires, dans l'autre par leurs électeurs. Enfin, dans les deux circonstances, le parti s'est difficilement remis d'une blessure profonde qui a rejoué ensuite dans les conflits internes au parti. Ce parallèle a surtout pour intérêt de souligner la place stratégique des socialistes dans les difficultés de la construction européenne -alors que l'on insiste généralement sur leur place positive dans ce processus -et de voir, en retour, à quel point les débats européens ont compté dans la vie d'un parti pourtant obsessionnellement tourné sur lui-même et sur l'univers hexagonal. Mais il faut se garder de pousser plus loin la comparaison : les circonstances, les hommes, le parti lui-même ont profondément changé entre 1954 et 2005. En fait, ce qui frappe lorsque l'on travaille sur les socialistes et la CED c'est de voir combien cette querelle fut ancrée dans son temps. Surtout, on peut s'interroger pour savoir si, au moins dans la crise des années cinquante, la question européenne est bien l'enjeu du débat. Durant trois années, de 1952 à 1954, la CED a été une pomme de discorde majeure entre socialistes, mais aussi l'enjeu d'un débat inédit et réel entre militants et cadres du parti. Il faut souligner deux éléments au préalable. Premièrement, l'exceptionnalité de la crise : elle se manifeste par des infractions répétées au principe de l'unanimité du vote du groupe parlementaire socialiste, avec deux scrutins où les indisciplines furent massives : multiples en commissions, elles sont confirmées en séance
doi:10.3917/lci.004.0083 fatcat:fyqzseigh5carenkspnij7fj2u