Couleurs, fleurs et drapeaux dans les débuts de la Troisième République

Maurice Tournier
2006 Mots: Les langages du politique  
Référence électronique Maurice Tournier, « Couleurs, fleurs et drapeaux dans les débuts de la Troisième République », Mots. Les langages du politique [En ligne], 81 | 2006, mis en ligne le 01 juillet 2008, consulté le 01 octobre 2016. URL : http://mots.revues.org/17093 ; DOI : 10.4000/mots.17093 Ce document est un fac-similé de l'édition imprimée. © ENS Éditions Mots. Les langages du politique n° 81 juillet 2006 • 109 Maurice Tournier M oTS E T SyM B o L ES E N P o L i T i q U E Couleurs,
more » ... U E Couleurs, fleurs et drapeaux dans les débuts de la Troisième République Nombreux sont en politique les désignants et même les collectifs qui glorifient ou stigmatisent et qui, tout en jouant par ailleurs et souvent en même temps le rôle de label, contribuent au marquage affectif ou moral des désignés. Avec les désignants polémiques propres au scandale du Panama, avec les appellations antidreyfusardes et antisémites, nous avons atteint une couche plus pure de ce type de vocabulaire. Nous avons aperçu aussi l'usage que l'on a pu faire des couleurs du drapeau national. Reprenons plus en détail cette question, en commençant par les évaluations que certaines couleurs ont pu propager sous la Troisième République 1 . Tout affrontement a ses symboles, ses étendards et ses gerbes. À cette époque, le blanc aurait dû être l'apanage des seuls légitimistes si le dernier d'entre eux, comte de Chambord, dit Henri V, ne s'était pas absenté de la scène politique en refusant, à la différence des orléanistes tricolores, tout emblème républicain. En conséquence, la couleur blanche a vu son usage s'élargir à l'ensemble du monarchisme jusqu'à en devenir le linceul. Le Drapeau du 15 janvier 1899 en retrace les origines : Charles IX et Henri III portant rouge, les protestants prirent le blanc olivin de la liberté de conscience, origine du panache blanc d'Henri IV, de sorte que le blanc [...] devint la couleur du royaume de France. Son usage s'est même étendu bien au-delà : on parlera de « syndicats blancs » (Casals, 1978, p. 59), de « comités blancs », de « blanques orelles » ou « blandezingues » (rouffions antigrévistes et faux patriotes) 2 , d'« OEillet blanc » 3 , voire de « Café blanc » opposé au « Café rouge » (Daudet, 1898, p. 325-326), etc.
doi:10.4000/mots.17093 fatcat:sd6tim2lq5bxrosp7xx4hj3aqq