Oui ou non à la Constitution européenne. L'éloquence du forum

Jessica Mange, Pascal Marchand
2007 Mots: Les langages du politique  
Référence électronique Jessica Mange et Pascal Marchand, « Oui ou non à la Constitution européenne. L'éloquence du forum », Mots. Les langages du politique [En ligne], 83 | 2007, mis en ligne le 01 mars 2009, consulté le 01 octobre 2016. URL : http://mots.revues.org/952 ; DOI : 10.4000/mots.952 Ce document est un fac-similé de l'édition imprimée. © ENS Éditions Mots. Les langages du politique n° 83 mars 2007 • 121 Jessica Mange, Pascal Marchand Oui ou non à la Constitution européenne.
more » ... ropéenne. L'éloquence du forum Que peut-on dire de nouveau sur le référendum pour le Traité établissant une Constitution pour l'Europe, sur les débats qu'il a suscités, sur son résultat et sur les analyses qui l'ont accompagné ? Tout semble avoir été dit et les choses sont apparemment claires pour tout le monde. Risquons-nous à un résumé 1 . Il s'agit, tout d'abord, d'un scrutin qui fait date, d'un choc pour la politique française, qui constitue le second acte d'une déstructuration profonde du système des partis politiques français -commencée avec l'élimination du candidat socialiste du deuxième tour de l'élection présidentielle du 21 avril 2002 -et qui marquera durablement les débats électoraux à venir. Si le résultat est remarquable, le débat politique a été exceptionnel : « Chaque citoyen va débattre, se disputer, en famille, au travail, avec ses amis, dans une frénésie démocratique parfois jubilatoire » (Rozès, 2005, p. 32). Les électeurs disent s'être décidés pendant la campagne, dans les derniers jours ou bien encore au dernier moment. Les instituts de sondage observent, fait inédit dans l'histoire des campagnes électorales, que les courbes d'intention de vote « oui » et « non » se coupent trois fois en neuf semaines. Cette forte participation est suspectée d'avoir mécaniquement favorisé le non « en amenant aux urnes les catégories sociales les plus sujettes à l'abstention, qui, traduisant le renforcement et l'élargissement d'un euroscepticisme à la française, se trouvaient être les plus disposées à un vote négatif » (Piar, Gerstlé, 2005, p. 54 2 ). Malgré ce débat exceptionnel, nombre d'analystes estiment que les Français n'ont pourtant pas répondu à la question posée, et que beaucoup ont cru qu'il s'agissait d'un vote de politique intérieure. « C'est à partir de ce qu'ils sont qu'ils vont s'efforcer de définir l'extérieur » (Rozès, 2005, p. 32). La campagne du « non » a parfois été décrite comme « monothématique » (Piar, Gerstlé, 2005, p. 67), se concentrant sur les questions sociales : chômage, précarité, pouvoir 1. L'essentiel de cet article est issu de la lecture de deux numéros de revues : Les Cahiers du Cevipof, n° 42, juillet 2005, et Le Débat, n° 136, septembre-octobre 2005. 2. Voir aussi Rozès, op. cit., p. 31.
doi:10.4000/mots.952 fatcat:gh6n3mxquvhtbnyq6urhjz3fcm