Décrochage de la recherche scientifique française : aujourd'hui le risque existe !

Michel Spiro
2017 Reflets de la physique  
Reflets de la Physique n° 52 2 Décrochage de la recherche scientifique française : aujourd'hui le risque existe ! La recherche et la formation par la recherche sont des enjeux majeurs pour un pays comme le nôtre sur les plans économique, culturel et humain. Nous sommes en période électorale. Les différents programmes des candidats se réclament d'une société de la connaissance et de l'innovation. C'est le moment de prendre du recul pour tenter d'éclairer les choix politiques en matière
more » ... n matière budgétaire, stratégique et de formation qui nous concernent. Un investissement dans la recherche insuffisant En France, l'effort consacré à la recherche, exprimé en pourcentage du PIB, est resté stagnant au cours des dix dernières années. Il se monte aujourd'hui à 2,23%, dont 0,79% pour la recherche publique et 1,44 % pour la recherche privée. Cette proportion est assez loin des objectifs du traité européen de Lisbonne, signé en 2007 par les 27 États membres, qui recommandait d'atteindre 3% des PIB nationaux (1% pour le secteur public, 2% pour le secteur privé). Certains pays parmi les plus avancés font mieux que la France : Allemagne (2,7%), États-Unis (2,7%), Suisse (3,0%), Finlande (3,2%), Suède (3,2%), Japon (3,6%), Israël (4,1%), Corée du Sud (4,3%), sans même mentionner des pays comme l'Inde et surtout la Chine dont l'essor de la recherche est spectaculaire. Comme le dit Alain Fuchs, président du CNRS, « la France n'investit plus assez pour garder son rang » (Pour la Science, janvier 2017). Ce constat est alarmant, car la compétition mondiale est de plus en plus forte. Or les progrès attendus de la recherche, y compris la plus fondamentale, sont un enjeu majeur pour le développement de notre pays. C'est aussi la clef de son attractivité pour les scientifiques de haut niveau, qui risquent à terme de se détourner de la France pour se fixer dans des pays où ils sont mieux payés et trouvent de meilleures conditions de travail.
doi:10.1051/refdp/201752002 fatcat:sg5swrxyjza2xixbrufzr32zgi