Serge Lebovici, la métaphore et le maître

Celso Gutfreind
2001 Spirale  
la métaphore et le maître J'ai rencontré pour la première fois Serge Lebovici en janvier 1996. C'était ma première rencontre personnelle avec lui. Je dis « personnelle » parce que Serge Lebovici ne m'était pas inconnu. Comme une bonne partie des « psys » au Brésil, j'avais déjà fait connaissance avec ses idées à travers la traduction de ses ouvrages. Le nom de « Serge Lebovici » était déjà pour moi associé à l'image d'un psychanalyste brillant et d'un écrivain. J'avais coutume, au Brésil,
more » ... e, au Brésil, exerçant moi-même, à coté du métier de psychiatre celui d'écrivain (je compose des contes et des poèmes), de faire connaissance et de fréquenter (personnellement) d'autres écrivains. La plupart du temps, ils étaient plus âgés (j'étais très jeune à l'époque), ils étaient même souvent mes maîtres (maîtres du rythme, des trames). Si je me permets cette digression, c'est pour vous avouer que, très souvent, ces rencontres ne m'ont procuré que déception. La confrontation avec la réalité faisait immédiatement surgir un abîme entre ce que j'avais imaginé de l'homme à partir de son oeuvre et ce qu'était l'homme personnellement, abîme entre l'idéal et le fait, l'imagination et la réalité ou, pour parler une langue lebovicienne, entre l'auteur réel et l'auteur imaginaire. Abîme insondable ! Comme si, à partir de ces rencontres, nous étions toujours obligés d'en-Celso Gutfreind, psychiatre et écrivain brésilien, docteur en psychologie, thérapeute au Club du soir du Centre Alfred Binet (hôpital de jour Serge Lebovici).
doi:10.3917/spi.017.0095 fatcat:qg7f6wyvqre2tosvxgjs7cp6pu