Histoire malacologique du Lac Tanganika (Afrique equaltoriale) [book]

Jules René Bourguignat
1890 unpublished
BOURCiUI«.\AT. Je remets, au chapitre des considérations générales, de plus amples détails sur l'hydrologie et Thydrographie de ce lac, ainsi que sur l'influence thalassoïque et le régime de ses eaux. Connu, il y a plusieurs siècles, par les Portugais, qui avaient établi;, sur ses côtes, plusieurs comptoirs, ce lac était tombé dans l'oubli, lorsque les célèbres voyageurs Burton, Speke, Livingstone, Stanley, Cameron, Giraud, dans ces derniers temps, vinrent l'explorer et, par leurs intéressants
more » ... leurs intéressants récits, le remettre en lumière. Depuis, ce lac a été visité par un grand nombre de voyageurs et de missionnaires. La première mission fut une mission anglaise, celle d'Oudjiji ; puis, une belge, celle de Karéma ; enfin, une série de missions françaises. Ce fut au commencement de 1878 que partit de la Maison-Mère, de l'Algérie, la première mission française. Elle était composée de 5 personnes (1); la seconde, de 12, avec 6 auxiliaires (2), suivit, en 1879, les traces de la première; la troisième, de 15 personnes (3) , dont 7 pères et 8 auxihaires (4), succéda, en 1881, aux deux précédentes. J'ai tenu à rappeler ces premières missions, parce que c'est grâce à elles, notamment à la troisième, à laquelle appartenait le capitaine Léopold Joubert, que je dois la connaissance d'un grand nombre d'Animaux Mollusques de ce lac. , Staës, Tailien et Boyer. riFSTOIRK MALACOLOGIQUE DU LAC TANGANIKA. 3 qui, à son retour de sa périlleuse expédition, visita les bords du Tanganika. J'ai publié, en 1885, les résultats malacologiques de son voyage (1). Ce sont seulement les Mollusques fluviatlles du lac que je fais connaître dans ce travail. Je renvoie, pour les terrestres de ses bords, à mon ouvrage sur les Mollusques de l'Afrique équatoriale (2). Pour toutes les Espèces fluviales déjà connues, je me suis contenté de donner simplement une description française, oti j'ai résumé les caractères les plus importants; pour les Espèces inédites, j'ai donné la diagnose en même temps que la description (3). J'ai adopté pour mes diagnoses la méthode linnéenne, en maintenant seulement au nominatif les phrases incidentes (4). Toutes les Espèces, sauf quelques Acéphales, ont été figurées dans les planches de mon Iconographie malacologique des Animaux Mollusques du lac Tanganika (5), ouvrage iconographique spécialement destiné aux missionnaires de l'Afrique pour leur permettre, en un volume d'un faible poids, facilement transportable, la connaissance des Espèces du Tanganika. Ce sont ces mêmes planches qui trouvent ici (1) Sur 9o espèces, 75 nouvelles et 9 genres nouveaux. (Voir Notice prodromique sur les Mollusques terrestres et fluviatlles recueillis par M. Victor Giraud dans la région méridionale du lac Tanganika, 1 vol. in-8, Paris, 1883.) (2) 1 vol. in-8, avec planches, Paris, mars 1889. (3) Je crois utile de faire remarquer, pour l'intelligence des noms cités, que dans les idiomes de cette partie de l'Afrique, les préfixes ou, lua, voua, m, précédant le radical, signifient : ou pays, wa ou voua la collection des habitants {toa ou voua-Houmba, la collection des peuplades Houmba), enfin, m, la présence d'un chef ou d'un dignitaire (comme dans Mpala, prononcez Emmepala). (4) Je crois devoir faire observer que, bien que le Tanganika soit situé à quelques degrés au-dessous de la ligne équatoriale, j'ai cru nécessaire de le considérer comme placé au sud par rapport à notre pays ; en conséquence, j'ai appliqué, à sa partie la plus voisine de l'équateur, le nom de septentrionale, et, à sa partie la plus éloignée, celle la plus rapprochée du pôle antarctique, le nom de méridionale, quoiqu'on réalité ces désignations soient contraires à la vérité géographique. (o) 1 vol. in-8, avec 33 planches, Paris, novembre 1888. il 4 BOURGUICilWAT. naturellement leur place, puisqu'elles complèlent les descriptions pour la représentation des Espèces. Je dois avouer que si je n'ai pas fait reproduire tous les Acéphales, c'est qu'il m'aurait fallu plus du double de planches; j'ai dii reculer devant la dépense excessive occasionnée par un trop grand nombre de lithographies. Néanmoins, je dois dire que tous les Gastéropodes sont représentés et que, parmi Acéphales, aucun type de groupe n'a été omis, aucune forme importante n'a été oubliée. J'ai suivi, dans ce travail, les principes de la nouvelle École malacologique, Ecole qui admet V Espèce qu'au titre de forme résultant de l'influence des milieux et du mode vital. Testa rimala (rima fere omnino tecta), oblonga, sat tumida, tenui, subpellucida, nitida, pallide corneo-albes-B ROURGUIGrV4T. cente aut laclescente, subliliter slriatula;spira relative producla,aciuîiinata(apex acutissimus); -anfradibusS convexis, celerrime crescentibus, sutura decurrente ac bene impressa separatis ;ultimo maximo, amplo, 2/3 alliludinis leviter superanle, bene convexo, nibilominus ad aperluram leviter subcompresso ;apertura ferc vertical!, oblonga in directionem dextrorsus leviter obliquam, externe leviter compressiuscula, inferne rotundata ac subdilatata ;margine columellari subarcualo, super rimam reflexo ; margine externe regulariter antrorsum arcuato ;peristomate recto etacuto; marginibus callo junctis;ait. 25; diam. 13; ait. ap. 16, lat. ap. 8 1/2 millim. L'ouverture, sensiblement comprimée, comme aplatie du côté externe, prend, cbez cette Espèce, une légère direction oblique de gauche à droite, et le bord externe apertural offre, en avant, un cintre régulier. Cette Limnée, dédiée à feu notre ancien ami Laurent Dégousée, savant ingénieur, qui en a fait la découverte dans les cours d'eau de la Basse-Egypte, a été recueillie, dans le lac, près du Loukougaet près de l'embouchure du Malagarazi. Limnaea Alexandrlna. Limnsea alexandrlna, Bowguignat, Malac. Abyss., p. 92 et 125, fig. 95 et 96, 1883. Espèce renflée-ovalaire, pourvue d'une fente ombilicale presque entièrement recouverte. Test assez fragile subtransparent, corné, orné sur les tours supérieurs de très fines striations, qui deviennent, sur le dernier, de plus en plus fortes, et, qui finissent, vers l'ouverture, par prendre l'apparence de côtes lamelleuses. Spire peu élancée, même assez courte, acuminée et comme conique-tectiforme. Quatre à cinq tours, à croissance rapide, dont les supérieurs à peine renflés, sont presque plans, tandis que les derniers sont convexes. Suture peu prononcée, sauf entre les deux tours 1 BOlJRGUICilVAT. roliindato, ad peristoma compresse quasi complanato; aperlura vix obliqua, irregulariter oblonga, ad marginem externum coarclala (margo super aperturam quasi reversus) et rectiuscula, inferne magis ampliata et subrotundala; margine columellari recto, reflexo, superne leviter subcontortosinuoso; margine externe in arcum prominentem anirorsum provecto;peristomate reclo ac acuto; marginibus callo junctis;ait. 24; diam. 13; ait. ap. 16; lat. ap. 8 millim. Cette Limnée, caractérisée par une ouverture contractée par suite d'un aplatissement du bord externe, rappelle un peu, grâce à ce caractère qui lui donne un aspect tout particulier, la L. Bemjuellensïs (1) du Benguella. Si, comme la L. Lavigeriaua^la Benguellensis possède une ouverture presque aussi aplatie du côté externe, elle offre, en plus, des tours pour ainsi dire plans-tectiformes, non bombés-arrondis, une ouverture oblique, à base rélrocédente, et un bord externe non aussi arqué en avant à l'endroit de l'aplatissement. Cette belle Limnée, dédiée à son Éminence Mgr le Cardinal de Lavigerie, se rencontre sur la côte occidentale, depuis Kibanga jusqu'au Loukouga. Vers le Loukouga, celte Espèce a une tendance à varier dans ses proportions; ainsi l'on trouve, vers le déversoir du lac, des individus souvent un tiers plus petits, caractérisés par une spire plus courte et plus ventrue. Limnaea africana. Limnoea africana, Ruppell, in : Bourguignat, Malac. Abyss., p. 95 et 126, fig. 99, 1883. Espèce ventrue-ovalaire, pourvue d'une petite fente ombilicale presque entièrement recouverte. Test assez fragile, subtransparent, d'un corné pâle, finement striolé, sauf sur le dernier où les stries sont plus accentuées. Spire courte, briè-(1) Morelet, Moll. Welw., p. 86, pi. 6, fîg. 4, 1868. HISTOIRE MALACOLOGIQUE DU LAC TANGANfKA. \\ vement coniqiie-tecliforme. Quatre tours à croissance très rapide (dont les supérieurs très exigus), séparés par une suture peu profonde. Dernier tour très développé atteignant presque les trois quarts de la longueur, méplan, incliné à sa partie supérieure, et sensiblement bombé intérieurement. Ouverture faiblement oblique, oblongue, entourée d'un péristome droit et aigu. Bord externe peu arqué en avant. Bord columellaire légèrement tors, subcanaliculé supérieurement. Bords marginaux réunis par une callosité accentuée, s'étendant presque jusqu'à la base de la columelle. Haut. 21; diam. H; haut, de l'ouvert. 15 millim. Le type de cette Limnée vit dans le lac Dembea, en Abyssinie. Les échantillons du Tanganika, qui proviennent des environs de Kibanga et de Karéma, offrent seulement, comme signe différentiel, un dernier tour un tant soit peu plus convexe, et un peu moins méplan-incliné à sa partie supérieure. § 4. Limnoea Debaizei. Cette espèce, qui rappelle en petit la L. acuminata (1) de rindoustan, est, de toutes les Limnées du lac, celle qui se rapproche le plus, par son aspect général, de la L. Natalensis (2) du Cap. Mais la L. Debaizei, moins globuleuse, est relativement plus oblongue et plus délicate dans toutes ses proportions; sa spire est plus courte; son dernier tour, Roth [non Ehrenberg], Moll. spec, p. 2, pi II, fig. 8, 1839 ). 16 BOURGUIGIIAT. Cette Espèce, à test corné, brillant, finement striolé de stries obliques, a été découverte dans les eaux du haut Nil Blanc; dans le lac, elle a été trouvée aux environs d'Oudjiji (Smith), sur la rive orientale, et de Kibanga, Kokongo, Mpala, etc., sur la côte occidentale. Ce Planorbe varie de taille. On en rencontre de petits individus semblables au type figuré (épaiss. 3 1/2, diam. 11 1/2 millim.), mais, généralement, il atteint dans le lac une (aille plus forte (épaiss. 4 1/2, diam. 18 millim.). Le D"" Smith (in : Proceed. zooL Soc. Lond. 1880, p. 349) a consigné la même observation.
doi:10.5962/bhl.title.14127 fatcat:amwussc7uveyxdephjvq7bfq5a