Brigands et chansons : l'altérité slave dans le transfert culturel de l'époque romantique

Laetitia Decourt
2018 Revue des études slaves  
Référence électronique Laetitia Decourt, « Brigands et chansons : l'altérité slave dans le transfert culturel de l'époque romantique », Revue des études slaves [En ligne], LXXXIX 1-2 | 2018, mis en ligne le 09 juillet 2019, consulté le 16 septembre 2019. URL : http://journals.openedition.org/res/1727 ; DOI : 10.4000/res. 1727 Revue des études slaves BRIGANDS ET CHANSONS : L'ALTÉRITÉ SLAVE DANS LE TRANSFERT CULTUREL DE L'ÉPOQUE ROMANTIQUE Par laetitia deCourt Sorbonne Université dans la théorie
more » ... té dans la théorie posée par michel espagne, le transfert culturel a toujours eu partie liée avec la traduction. lorsqu'il le définit comme « une traduction dans le sens figuré, ("passage d'un code à un nouveau code") 1 », les rapports étroits entre traduction et transfert culturel sont d'emblée signalés, que ce soit par analogie ou dans l'analyse des vecteurs du transfert. en effet, comme « la traduction met en évidence le fait que les concepts sont enracinés dans des contextes sémantiques et que le déplacement de contexte sémantique lié à la traduction représente une nouvelle construction de sens 2 », il faut lui reconnaître une capacité, sans doute égale à celle du transfert culturel, à construire la référence d'une culture étrangère dans la culture d'accueil. dès lors, l'étude des transferts culturels « semble impliquer toujours un questionnement sur des identités nationales ou collectives 3 ». de fait, nombreux sont ceux à avoir lié traductions et transferts culturels à la relation de pouvoir entre un centre et une périphérie, à commencer par victor hugo affirmant qu'« une traduction est une annexion 4 ». lorsque s'impose l'impératif de narodnost′ dans la littérature russe, au cours des années 1820, et pour les quelques décennies suivantes, de nombreux auteurs interrogent les rapports entre traduction et ce qui ne s'appelle pas encore « transfert culturel ». ainsi de mixail nikolaevič zagoskin (1789-1852) et d'orest
doi:10.4000/res.1727 fatcat:yrajrt6d6rcibeg35hsdhy5mbm