Linguistique et pragmatique, outils de l'apprenti-traducteur

Mary Wood
1994 Palimpsestes  
L'APPRENTI-TRADUCTEUR Dictionnaires bilingues et unilingues, généraux et spécialisés, thesaurus, lexiques, banques de données... L'apprenti-traducteur qui sait s'en servir y trouvera de l'aide pour choisir le mot juste, démêler ses problèmes de polysémie, redistribuer dans le texte d'arrivée tous les sèmes contenus dans le lexique de l'original. Ces outils précieux, indispensables, même pour le traducteur confirmé, ne sont cependant pas d'un grand secours lorsqu'il s'agit de "traduire" des
more » ... "traduire" des formes grammaticales fondamentales qui n'existent pas dans la langue d'arrivée. En tant qu'angliciste, je pense surtout au génitif, à be + ing, ou encore au present perfect, qui trouve un écho généralement trompeur dans le passé composé français, dont la similarité n'est que superficielle. La préférence qu'accorde l'énonciateur à telle structure grammaticale plutôt qu'à telle autre n'est jamais innocente, puisque chacune a sa valeur propre en langue. Il semble donc indispensable que les effets de sens ainsi générés dans le discours se retrouvent dans la traduction. Et pourtant, nombreux sont nos étudiants, francophones, anglophones ou bilingues, qui se contentent, par exemple, de traduire par le présent simple, l'imparfait ou "en train de" cette forme aux multiples facettes qu'est be + ing. Quel outil pouvons-nous leur proposer pour suppléer à ce qui, chez certains traducteurs chevronnés, relève du "flair" ou de l'intuition ? Dans un premier temps, il leur faut une description des deux langues confrontées, qui repose sur un modèle métalinguistique fiable. Une fois qu'ils ont compris les valeurs fondamentales des opérateurs, il leur faut des notions de pragmatique, afin de reconnaître les mécanismes mis en jeu par l'énonciateur dans une situation et un contexte donnés. L'exercice que je propose ici prend appui sur un film vidéo réalisé par Nadine Legros et moi-même et destiné, à l'origine, au télé-enseignement de la grammaire en deuxième année du premier cycle. Comment dire le monde ? fait
doi:10.4000/palimpsestes.742 fatcat:2ei5fpzvhndpbiysluijptkjl4