Faut-il protéger le métro des voyageurs ? Ou l'appréhension du voyageur par les ingénieurs et les conducteurs

Robin Foot
2005 Travailler  
L'automatisation actuelle du métro parisien soulève un paradoxe moral étrange : dès lors que l'on supprime les conducteurs, les ingénieurs conçoivent un métro « protégé » des voyageurs mais ils laissent les métros avec conducteurs sans protection. Cette dissymétrie de traitement est d'autant plus étrange qu'elle semble trouver, du côté des conducteurs, un acquiescement tacite. La compréhension de cette situation étrange suppose d'analyser sur une relative longue période la manière dont les
more » ... nière dont les ingénieurs et les conducteurs composent leur communauté d'action au travers des processus d'automatisation, du travail et des conflits. Au coeur de cette dynamique, la peur de l'accident et du suicide voyageur apparaît comme un élément déterminant, même s'il reste la plupart du temps « inexprimé » sauf sous forme d'objet technique, dans l'élaboration d'une stratégie défensive du métier de la conduite. Summary, p.205. Resumen, p.205. automatisation de la ligne 1 du métro parisien, prévue pour 2010, réactive la question ouverte par l'inauguration de Météor/ligne 14 en 1998 d'un traitement différencié de la relation aux voyageurs selon que le métro est exploité avec ou sans conducteurs. En effet, dès lors que l'on supprime les conducteurs, la mise en place de portes palières qui créent une séparation nette entre le quai et la voie semble s'imposer. Malgré les discours contraires qui affirment que ces portes palières * Une première version, plus longue, de ce texte a été publiée dans les actes du 1er Colloque International de Psychodynamique et Psychopathologie du Travail qui s'est tenu à Paris les 30 et 31 janvier 1997.
doi:10.3917/trav.014.0169 fatcat:q7dmloxvsjg7tiezs6aqio3twu