L'hydraulique pastorale, un bienfait pour les éleveurs du Sahel ?

Catherine Baroin
2003 Afriqué Contemporaine  
Le milieu sahélien précolonial, zone d'élevage extensif Pour retracer l'impact de l'hydraulique pastorale, il est nécessaire de rappeler d'abord le contexte dans lequel s'inscrivait cette ambition, c'est-à-dire les contraintes du milieu naturel sahélien et de son mode d'exploitation. Comme on le sait, le Sahel longe en un large bandeau le sud du Sahara, sur environ 4 000 km d'ouest en est, de Dakar à la frontière soudanienne. Dans sa partie nord, les pluies (entre 150 et 400 mm par an) sont
more » ... mm par an) sont insuffisantes et trop irrégulières pour cultiver. Elles sont plus abondantes à mesure que l'on descend vers le sud, où le couvert végétal devient plus dense : il se compose de graminées et d'arbres qui font du Sahel une zone d'élevage. Le pâturage herbeux et arboré nourrit les dromadaires (abusivement appelés "chameaux") au nord, et le petit bétail et les bovins qui s'y ajoutent au sud. Les pluies se concentrent sur une courte saison, de juillet à septembre. Irrégulières dans le temps (avec de fortes variations annuelles) comme dans l'espace, elles sont si localisées que deux lieux voisins peuvent en recevoir, en une saison, des quantités très différentes. La présence de pâturage étant tributaire de ces pluies, le cheptel doit se déplacer pour profiter des meilleurs emplacements. La mobilité du bétail et des hommes est indispensable et l'élevage ne peut être qu'extensif. La saison des pluies renouvelle la flore chaque année. Les graminées reverdissent et, dans les zones méridionales, des mares temporaires remplissent le fond des cuvettes argileuses. Puis l'herbe prend rapidement une teinte blond pâle et les mares s'assèchent jusqu'à l'année suivante. L'herbe sèche que broutent les animaux se raréfie peu à peu, et les branches et les fruits des arbres fournissent un complément alimentaire indispensable au bétail, surtout lors des chaleurs intenses d'avril et mai. C'est l'éprouvante période de soudure et tous attendent comme une bénédiction la tombée des premières pluies. Afrique contemporaine -Printemps 2003 L'hydraulique pastorale, un bienfait pour les éleveurs du Sahel 206 DOSSIER L'hydraulique pastorale, un bienfait pour les éleveurs du Sahel Afrique contemporaine -Printemps 2003 207 1) Les troupeaux se composent surtout de femelles, élevées pour le lait et pour le croît. 2) Jusqu'à plus de 100 m au nord de Tombouctou (Mali), de 50 à 90 m au sud d'In Gall (Niger) (Bernus, 1989, p. 95). Afrique contemporaine -Printemps 2003 L'hydraulique pastorale, un bienfait pour les éleveurs du Sahel 208 DOSSIER
doi:10.3917/afco.205.0205 fatcat:rd4k22a3xvggbeysdj6xgs6ooa