Accepté: septembre

E De Luca
2003 Feller Étude et Gestion des Sols   unpublished
Le Brésil étant le premier producteur mondial de canne à sucre, un changement dans le mode de gestion des résidus de cette culture pour-rait avoir des effets notables sur la teneur en carbone (C) de l'atmosphère. Dans une plantation de canne à sucre de longue durée (50 ans) installée sur un sol ferrallitique argileux du sud du Brésil, on compare la teneur en C du sol total et de ses fractions granulométriques (après dispersion) et la stabilité structurale (résistance à l'éclatement) des couches
more » ... tement) des couches superficielles (0-5 et 5-10 cm) sous deux traitements : l'un comportant une récolte manuelle précédée d'un brûlis des résidus (CB, canne brûlée), l'autre une récolte mécanisée avec paillis des résidus depuis 6 ans (CNB, canne non brûlée). La teneur en C total du sol est plus élevée en CNB qu'en CB, significativement à 0-5 cm (25,2 vs. 21,0 g C.kg-1) mais pas à 5-10 cm (22,3 vs. 20,5 g C.kg-1) ; la différence est également significative à 0-10 cm (23,7 vs. 20,7 g.kg-1). Cette différence correspond à un stockage de C en CNB s'élevant à 0,65 t C.ha-1 .an-1 à 0-10 cm de profondeur, représentant 13 % du C apporté par les résidus aériens de la canne à sucre. Par rapport à CB, le surplus de C en CNB est principalement associé à la fraction argileuse (0-2 µm). Le taux de macroagrégats stables (> 200 µm) est également plus élevé en CNB qu'en CB à 0-5 et 5-10 cm de profondeur (p < 0,01) ; il est corrélé avec les conte-nus en C du sol total (r = 0,71 ; p < 0,01), de la fraction 0-2 µm (r = 0,73) et de la fraction hydrosoluble (r = 0,84). On fait l'hypothèse que la forte population de vers de terre en CNB aurait un rôle important dans l'enfouissement et la décomposition des résidus paillés, et déter-minerait l'enrichissement de la fraction argileuse en C et l'accroissement de la stabilité structurale. Mots clés Carbone organique du sol, fractionnement granulométrique, agrégats stables, canne à sucre, Brésil Effet du paillis des résidus de canne à sucre sur la séquestration de carbone dans un sol ferrallitique argileux du Brésil 192 T. Brazil is the first world producer of sugar cane, and changes in sugar cane residue management in this country may thus have noticeable consequences in the global carbon (C) budget. The effects of sugar cane residue management on topsoil (0-5 and 5-10 cm) C and aggre-gation were assessed in a clayey Oxisol of subtropical southern Brazil. Carbon content of whole soil and particle-size fractions (after dispersion), and soil aggregate stability (to slaking), were determined in a long-duration sugar cane plantation (50 years), with either pre-harvest residue burning (CB) or 6-year green trash management (CNB, residue mulching). Soil total C was greater in CNB than in CB ; the difference was significant at 0-5 cm (25.2 vs. 21,0 g C kg-1) but not at 5-10 cm (22.3 vs. 20,5 g C kg-1), but it was nevertheless significant at 0-10 cm (23.7 vs. 20,7 g kg-1). This difference represented C sequestration in CNB amounting to 0.65 Mg C ha-1 yr-1 at 0-10 cm, and corresponding to 13 % of sugar cane aboveground residue C returned to the soil. Differences in total C between CNB and CB mainly affected the clay-size fraction C (0-2 µm). The water-stable macroaggregate (> 200 µm) content was also greater in CNB than in CB at 0-5 and 5-10 cm (p < 0.01), and correlated closely with soil total C (r = 0.71 ; p < 0.01), clay-sized C (r = 0.73), and water-soluble C (r = 0.84). We hypothesised that the dense population of earthworms in CNB had a leading part in burying and decomposition of mulched residues, which determined the enrichment in clay-sized C and the improvement of aggregate stability.
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