Théologie de la nature

François Euvé
2010 Recherches de Science Religieuse  
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more » ... , est interdite sauf accord préalable et écrit de l'éditeur, en dehors des cas prévus par la législation en vigueur en France. Il est précisé que son stockage dans une base de données est également interdit. Powered by TCPDF (www.tcpdf.org) © Centre Sèvres | Téléchargé le 21/12/2020 sur www.cairn.info (IP: 207.241.231.83) © Centre Sèvres | Téléchargé le 21/12/2020 sur www.cairn.info (IP: 207.241.231.83) RSR 98/2 (2010) 267-290 THÉOLOGIE DE LA NATURE Par François euvé, s. j. Centre Sèvres -Facultés Jésuites de Paris L e thème de la nature revient dans la pensée contemporaine sous le signe de la menace. C'est parce que la nature est en péril que l'intérêt se porte à nouveau sur elle. Elle n'est plus ce réservoir inépuisable de ressources, ni cette matière passive, infiniment plastique, à disposition de l'action transformatrice de l'humanité. Dès les années 1960, le cri d'alarme est lancé « avant que nature meure », titre d'un ouvrage du biologiste Jean Dorst 1 . La menace d'une « éco-catastrophe » fait entrer l'humanité dans une « véritable crise de civilisation » et oblige à changer toute notre philosophie. Contre l'idée d'expansion indéfinie, s'impose le constat d'un monde fini. D'inerte, la nature devient vivante, fragile, vulnérable. À moins que, brusquement, elle se fasse menaçante. L'humanité est invitée à la considérer non plus comme vis-à-vis, moins encore comme adversaire, mais bien davantage comme « partenaire » 2 . Dans le même temps, apparaît dans les sciences du vivant la nécessité d'une approche globale de systèmes interconnectés dans des « communautés biologiques ». La science de l'écologie, dont les modèles mathématiques sont mis au point au milieu du XX e siècle, attire l'attention sur ce point 3 . Des penseurs comme Teilhard de Chardin avaient déjà promu une lecture globalisante -on dirait aujourd'hui « holistique » -du monde : « rien n'est compréhensible dans le Monde qu'à partir du Tout, dans le Tout 4 ». À l'encontre de la tendance des disciplines scientifiques modernes vers davantage de spécialisation, il devient difficile sinon arbitraire d'isoler les divers ordres qui composent la nature, y compris l'humanité. 1. Avant que nature meure. Pour une écologie politique, Delachaux et Niestlé, Neuchâtel, 1965. 2. Jean DorST, « Menacés d'une éco-catastrophe », in La Nature, problème politique, DDB, « Recherches et débats » 72,
doi:10.3917/rsr.102.0267 fatcat:dvktlurhjbbinkm4yioygeic6y