Le mystère d'Angèle

David Muela Dìaz
2001 Cahiers de Narratologie  
Quand Angèle fut seule... est une nouvelle de Pascal Mérigeau publiée dans la revue Polars en 1983. Elle a été l'objet d'une étude d'Yves Reuter dans la revue Pratiques 76 en 1992 1 . Nous nous intéresserons à cette nouvelle dans le cadre d'une analyse des polyphonies narratives et énonciatives, notions qui nous semblent marquer la nature du récit. Le titre suggère la focalisation d'une situation (Angèle seule) avec les conséquences que celle-ci peut entraîner, donc une délimitation des
more » ... itation des possibles narratifs. En même temps, il nous introduit dans le domaine du récit, du fait de l'association d'un passé simple et d'une non-personne, forme canonique du récit face au discours. Le lecteur ingénu du texte s'introduit ainsi dans le monde fictionnel de la nouvelle, guidé par le narrateur, auquel il attribue a priori les qualités d'extradiégétique, omniscient et digne de foi (« reliable »). En effet, l'oeuvre littéraire suppose une « suspension of disbelief » d'après Coleridge. Le lecteur qui commence à lire un roman, par exemple, accepte de croire tout ce que le narrateur lui racontera sur l'univers de fiction qu'il a crée dans son oeuvre : « el narrador, con sus afirmaciones descriptivas y narrativas crea el sistema de proposiciones que constituyen el mundo 'cierto' de la ficción del cuento o de la novela. » (Reyes, p. 93) Il nous faut pourtant remarquer que la présence de passés simples dans le texte est très faible. Nous tenterons par la suite de délimiter à partir d'une analyse détaillée les segments du texte appartenant au récit du narrateur et aux discours rapportés des différents personnages.
doi:10.4000/narratologie.6966 fatcat:p46z42s7jjeitaptj44qqynkhm