Financiarisation et fractures socio-spatiales Financialization and socio-spatial divides

Olivier Godechot
unpublished
L'article complète les travaux sur la financiarisation des économies contemporaines à partir de données portant non pas sur les comptes des entreprises mais sur la composition de leur personnel. Il retient pour cela plusieurs indicateurs susceptibles de signer la puissance directe et indirecte de la finance contemporaine : l'importance et la concentration relative au sein des fractions les mieux payées des salariés travaillant dans le secteur de la finance, au sein des holdings des entreprises
more » ... gs des entreprises non-financières, dans le secteur du conseil aux entreprises ou comme cadres financiers des entreprises non-financières. La concentration des salariés de la finance au sein des salariés les mieux payés semble être le phénomène le plus marquant du processus de financiarisation. L'article examine ensuite les conséquences de la financiarisation sur les inégalités socio-spatiales. À l'accroissement des inégalités, phénomène déjà connu et mis en évidence dans nos précédents travaux, s'ajoute un phénomène de fractionnement du territoire entre la « ville globale » (le grand Paris et en particulier son quartier d'affaires de La Défense) qui possède un centre financier international et les autres parties du territoire. Ainsi, le processus de ségrégation spatiale devient massif dès lors qu'on monte assez haut dans la distribution des salaires et qu'on prend en compte le lieu de travail. Quoique de moindre ampleur, la concentration des salariés riches produite par la financiarisation participe à la ghettoïsation résidentielle des salariés les plus fortunés. Our paper contributes to the literature on financialization of modern economy and relies on firm staff data instead of the usual company accounts data. It uses for this aim several indicators that reveal the direct or indirect power of contemporary finance: importance and relative concentration within top paid wage-earners, of the finance sector, of holdings in non-finance firms, of business consulting, and of financial managers in non-finance firms. Concentration of the finance sector among top wage earners seems to be the most striking phenomenon of the financialization process. The article then examines the impact of financialization on socio-spatial inequalities. To the increase in inequality, a phenomenon already known and demonstrated in our previous work, adds a phenomenon of territory division between the "global city" (Greater Paris and in particular its business district of La Défense) which has an international financial center and other parts of the territory. Thus, the process of spatial segregation becomes massive once we climb high enough in the wage distribution and we take into account the workplace. Albeit on a smaller scale, the concentration of working rich produced by financialization contributes to the residential ghettoization of the wealthiest wage earners.
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