Le lieu de « ce qui se répète » : le familial et l'étranger inquiétant

Gemma Trapanese, Rudolf Kalman, Christiane Joubert
2003 Le Divan familial  
La reproduction ou représentation de cet article, notamment par photocopie, n'est autorisée que dans les limites des conditions générales d'utilisation du site ou, le cas échéant, des conditions générales de la licence souscrite par votre établissement. Toute autre reproduction ou représentation, en tout ou partie, sous quelque forme et de quelque manière que ce soit, est interdite sauf accord préalable et écrit de l'éditeur, en dehors des cas prévus par la législation en vigueur en France. Il
more » ... ueur en France. Il est précisé que son stockage dans une base de données est également interdit. Le lieu de « ce qui se répète » : le familial et l'étranger inquiétant GEMMA TRAPANESE I L N'EST CERTAINEMENT PAS superflu de se demander comment les expériences du passé, surmontées en apparence, demeurent. Freud suggère que c'est « le nouveau » qui permet cette « permanence à travers la disparition ». Ce n'est qu'en se transformant que celles-ci, en fait, « s'évanouissent », mais en répétant, justement, le passé dans le présent. Nous pouvons dire que, dans notre travail de recherche, nous nous intéressons à ces transformations concernant des événements passés, événements qu'elles ont rendu reconnaissables, dans leur « permanence », leur retour, et ceci, peut-être seulement en partie, comme dans un souvenir fané. C'est justement à la mémoire, où tout se dépose, qu'est confiée la recherche proustienne du temps déjà vécu, c'est-à-dire du temps perdu. Dans la Recherche, Proust décrit ce vécu comme un tressaillement intérieur, le souvenir remonte « doucement, doucement ». Notre contact conscient avec le passé ne semble avoir lieu qu'à travers le souvenir qui, en tant que mouvement intérieur, s'annonce par un cortège de « corps » [de traces] qui montent et qui descendent, qui se rendent visibles ou qui se cachent à notre vue. Le « bruit » des distances « entre un point et un autre », et la résistance à les parcourir, deviennent des indices précieux qui orientent la recherche de ce qui est « perdu » et que l'on entend retrouver. Parmi les délices d'un passé retrouvé, nous nous heurtons trop souvent à ce que nous appelons des aires aveugles, de vrais
doi:10.3917/difa.010.0193 fatcat:2np7qvo3bvaetozuriwuvfxkli