For a theory of nationalism For a theory of nationalism

Christophe Jaffrelot, Christophe Jaffrelot
2003 unpublished
Nation is state-oriented, whereas nationalism is an ideology which may simply promote one's own identity against Others. Therefore, theories of nation-building do not explain nationalism. Other theories adopting a materialist approach do, like Gellner's model in which nationalism appears as resulting from socio-ethnic conflicts, but they ignore the inner mechanism of this ideology. Theories looking at nationalism as an export product from the West also miss this point too. In contrast, a
more » ... ing body of theories anchor nationalism in socio-cultural reform. The intelligentsia which undertakes it in order to resist the threat posed by some dominant Other-often from the West, that fascinates them-, eventually develops a nationalist attitude, because it is not willing to imitate the West but strive to restore its culture by incorporating into it prestigious features of the West through the invention of a convenient Golden Age, the cornerstone of nationalism. This approach finds a parallel in the theories of ethnicity which do not apply the primordialist paradigm but focus on the making of group boundaries. Barth highlights the decisive role of the relationship to the Other and the little importance of cultural contents-compared to the maintenance of group boundaries-in the making of ethnic identities, in such a way that there are more affinities between his theory of ethnicity and theories of nationalism than between the latter and theories of the nation. However, one can construct an integrated model of nationalism by organising different theories in a sequence. While the ideology-based approach comes first, the creation of a nationalist movement implies the rise of socioeconomic conflicts and the massification of nationalism, a process of nation-building. Résumé La nation regarde vers l'Etat tandis que le nationalisme est une idéologie qui se contente parfois de promouvoir l'identité d'un groupe en relation avec d'autres. Les théories du nation-building n'expliquent donc pas le nationalisme. D'autres théories matérialistes y parviennent néanmoins, comme celle de Gellner où le nationalisme est le résultat de conflits socio-ethniques, mais où les ressorts internes de l'idéologie restent dans l'ombre. Les théories présentant le nationalisme comme un produit d'exportation d'origine occidentale ne font pas mieux, à la différence de celles qui l'ancrent dans un processus de réforme socio-culturelle. L'intelligentsia, qui a engagé ce processus pour résister à un Occident qui la fascine mais qu'elle perçoit comme une menace, développe finalement une attitude nationaliste car il n'a jamais été question pour elle d'imiter l'Occident mais de réhabiliter sa culture en y incorporant des traits prestigieux de l'Occident à travers l'invention d'un Age d'Or, la pierre de touche du nationalisme. Cette approche trouve un parfait équivalent dans les théories de l'ethnicité, non pas celles qui appliquent le paradigme primordialiste, mais celles qui se concentrent sur la création des frontières entre groupes. Barth souligne à cet égard le rôle décisif de la relation à l'autre et le peu d'importance des contenus culturels-par rapport aux frontières des groupes-dans la formation des identités ethniques, à telle enseigne que sa théorie de l'ethnicité présente plus d'affinité avec certaines théories du nationalisme que celle-ci et les théories de la nation. Toutefois, on peut construire un modèle intégré du nationalisme en organisant les différentes théories en séquence. Si les théories fondées sur le rôle de l'idéologie viennent ici en premier, la création d'un mouvement nationaliste implique l'exacerbation de conflits socio-ethniques et la massification du nationalisme, un processus de nation-building.