La thèse du déclin économique de Montréal, revue et corrigée

Mario Polèse
1990 L'Actualité Economique  
Montréal. Il a pour mission la promotion et la valorisation de la recherche. Érudit offre des services d'édition numérique de documents scientifiques depuis 1998. Pour communiquer avec les responsables d'Érudit : info@erudit.org Article « La thèse du déclin économique de Montréal, revue et corrigée » Mario Polèse L'Actualité économique, vol. 66, n° 2, 1990, p. 133-146. Pour citer cet article, utiliser l'information suivante : URI: http://id.erudit.org/iderudit/601525ar Note : les règles
more » ... les règles d'écriture des références bibliographiques peuvent varier selon les différents domaines du savoir. Ce document est protégé par la loi sur le droit d'auteur. L'utilisation des services d'Érudit (y compris la reproduction) est assujettie à sa politique d'utilisation que vous pouvez consulter à l'URI https://apropos.erudit.org/fr/usagers/politique-dutilisation/ Comprendre la transformation des hiérarchies urbaines n'est jamais chose facile. Dans l'analyse qui suit, nous tâcherons de mieux comprendre ce que d'aucuns appellent le déclin de Montréal comme métropole canadienne (Higgins, 1986) . Dans un premier temps, nous chercherons des explications dans la transformation de la géographie régionale du Canada. Dans un deuxième temps, nous examinerons l'impact des transformations récentes de la société québécoise. Dans les deux cas, c'est la dynamique de localisation des activités de bureau et des services supérieurs, qui retiendra notre attention. UN RENVERSEMENT AU SOMMET DE LA HIÉRARCHIE URBAINE Au cours du dernier demi-siècle, le réseau urbain canadien a subi un choc majeur, qui s'est traduit par une inversion, au sommet, dans la hiérarchie des villes. Montréal, qui fut autrefois la première ville du pays, se trouve aujourd'hui au second rang, tandis que Toronto, jadis numéro deux, s'impose de plus en plus comme la première métropole du Canada. De tels renversements de position dans la hiérarchie urbaine d'un pays sont plutôt rares, plus particulièrement dans des pays qui ont atteint des niveaux élevés d'urbanisation. L'histoire favorise plutôt la consolidation du premier pôle comme place financière et comme centre de contrôle et de décision. Aux Etats-Unis, dont le modèle de peuplement se compare à celui du Canada, New York conserve toujours sa position au sommet de la hiérarchie urbaine, et cela malgré le glissement de la population américaine vers l'ouest. Déloger le premier pôle historique de sa position dominante, ne se fait, en règle générale, que suite à des bouleversements majeurs (guerres, changements de frontières, etc.) ou des modifications profondes dans la géographie économique du pays. En conservant le modèle américain comme point de comparaison, Montréal aurait dû, comme New York, garder sa place au sommet de la hiérarchie urbaine. Comme New York, Montréal était au 19e siècle le principal point de contact avec
doi:10.7202/601525ar fatcat:tiumd5iitnbgnjzxcqe6syblbi