Francia-Recensio 2009/3 Mittelalter-Moyen Âge (500-1500)

Gerald Schwedler, Herrschertreffen
unpublished
des Spätmittelalters. Formen-Rituale-Wirkungen, Ostfildern (Thorbecke) 2008, 568 p. (Mittelalter-Forschungen, 21), ISBN 978-3-7995-4272-2, EUR 79,00. rezensiert von/compte rendu rédigé par Stéphane Péquignot, Paris G. Schwedler propose dans ce livre issu de sa thèse une étude comparée des rencontres entre souverains à la fin du Moyen Âge. Une enquête sur cette pratique avait déjà été menée pour les siècles précédents par W. Kolb (Herrscherbegegnungen im Mittelalter, 1988) et, de façon plus
more » ... de façon plus convaincante, par I. Voss (Herrschertreffen im frühen und hohen Mittelalter. Untersuchungen zu den Begegnungen der ostfränkischen und westfränkischen Herrscher im 9. und 10. Jahrhundert, sowie der deutschen und französischen Könige vom 11. bis 13. Jahrhundert, 1987), mais aucun travail d'ampleur comparable n'avait été effectué pour la période considérée. Or, contrairement à une idée reçue, les »vues« ne disparaissent pas après le XIII e siècle, mais demeurent très nombreuses au XIV e siècle et dans la première moitié du XV e siècle. En Occident et à Byzance, l'auteur recense entre 1270 et 1440 (de Rodolphe de Habsbourg à Sigismond) 204 rencontres entre des rois et des empereurs qui règnent sur des configurations politiques très diverses. En les considérant comme un instrument d'action royale (königliches Handlungsinstrument), G. Schwedler propose d'interpréter les rencontres selon une perspective qui s'inscrit nettement dans le sillage des recherches menées depuis une vingtaine d'années sur l'histoire de la communication politique et symbolique (cf. notamment les travaux de G. Althoff et de B. Stollberg-Rillinger). Dans une période de consolidation de la souveraineté et des institutions monarchiques, l'analyse vise ainsi à mettre en évidence la dynamique des formes rituelles et cérémonielles à l'oeuvre lors de moments d'exception où se retrouvent des souverains, des groupes, voire des cours entières. Deux blocs structurent l'ouvrage. Une première partie comporte huit solides études de cas. Chacune d'entre elles donne lieu à une approche comparative d'un enjeu rituel et cérémoniel important dans les rencontres entre souverains. Les contradictions entre les divers récits de la remise du vicariat d'Empire par Louis de Bavière à Édouard III lors de leur entrevue à Coblence en 1338, ainsi que la controverse lancée par Thomas Walshingham en 1422-l'empereur aurait selon lui exigé que le roi d'Angleterre lui baisât le pied, l'idée est vivement débattue-servent à rappeler la nécessaire distinction entre la pratique des rituels et l'efficacité que leur prêtent des textes qui suivent leur propre logique narrative. Les modalités de construction du consensus, envisagées à l'aune de la rencontre de Quatrevaux (1299) entre Philippe le Bel et l'empereur Albrecht, s'avèrent multiples. Le face-à-face des rois, acmé d'un processus gradué de rapprochement des parties, est parfois extrêmement cérémoniel (Ardres entre Richard II d'Angleterre et Charles VI, en 1396), mais les monarques peuvent également y manifester leur souveraineté en s'affranchissant de règles jugées trop rigides. Le séjour de l'empereur Sigismond en Angleterre auprès de Henri V en 1416 révèle combien la création de liens contractants entre les parties est effectuée par des actions rituelles, notamment des serments, ainsi Lizenzhinweis: Dieser Beitrag unterliegt der Creative-Commons-Lizenz Namensnennung-Keine kommerzielle Nutzung-Keine Bearbeitung (CC-BY-NC-ND), darf also unter diesen Bedingungen elektronisch benutzt, übermittelt, ausgedruckt und zum Download bereitgestellt werden. Den Text der Lizenz erreichen Sie hier: http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/de
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