Rentes foncières, dîmes et revenus paysans Le cas canadien [chapter]

1982 Prestations paysannes dîmes, rente foncière et mouvement de la production agricole à l'époque préindustrielle, II  
Rentes foncières, dîmes et revenus paysans Le cas canadien L'inexistence de mesures directes pour rendre compte de la production agricole, des rendements et des revenus paysans à l'époque préindustrielle a contraint les chercheurs à se rabattre sur des mesures indirectes qui réfractent (selon l'heureuse expression de E. Le Roy Ladurie et J Goy) les pulsations de l'économie rurale. Il s'est avéré que pour certaines régions et certaines périodes, les prestations par le clergé et les seigneurs sur
more » ... le produit agricole ont fourni des « présomptions capitales sur la marche de la production agricole » 1 . Les actes du colloque de 1969 ont démontré l'utilité des dîmes et des rentes foncières comme indicateurs. De là à espérer trouver dans ces indicateurs « le reflet valable d'une conjoncture globale », il n'y avait qu'un pas, et le colloque de 1977 veut soumettre ce pari à la question. D'une part, il n'y a pas de réponse simple, sans équivoque, valable universellement. Les socio-économies s'instituent de façon différente d'un lieu à un autre, d'une époque à une autre. Voilà pourquoi ce qui sert d'indicateur fiable de la production agricole ou du revenu paysan (ou même de reflet de la conjoncture globale) dans le contexte institutionnel ferme et cristallisé d'une société relativement fermée et immobile, fondée sur la production céréalière, devient un indicateur irrecevable ou ambigu dans une société neuve et en expansion, relativement fluide et ouverte, qui n'est pas enserrée dans un carcan institutionnel et pour laquelle le commerce est le moteur du développement. C'est donc à l'image de l'économie comme procès institué que renvoie la question soulevée par le colloque 2 . D'autre part, l'utilité de ces indicateurs, leur validité et leur fiabilité (même pour des usages moins ambitieux) dépendent largement de la qualité des données de base. En outre, ils requièrent une bonne compréhension de la technologie sociale à l'origine de ce matériau brut et des postulats qui sous-tendent la construction de ces indicateurs et leur confèrent leur représentativité. En effet, les expressions « dîmes » et « rentes foncières » peuvent recouvrir des réalités assez différentes selon les temps et les lieux. Cette brève communication soutient que les dîmes et rentes foncières ne constituent pas des indicateurs suffisants pour lire la conjoncture agricole ou mesurer
doi:10.1515/9783112322185-021 fatcat:nxujqkaqcvarpgtws6plhfzghu