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Londres : Kegan Paul, Trench & Co) 684. 2 Anna Davin, Growing up Poor-Home

Didier Revest
1886 Cercles   unpublished
Les accusations portées sont bien connues, leurs auteurs aussi. Une kyrielle de doigts accusateurs, dans un grand nombre de sources primaires, nous montre le Londonien pauvre, l'habitant des ruelles plus ou moins. Aux tout premiers rangs des censeurs, on trouve Samuel Barnett, le responsable de la paroisse de Saint Jude's dans l'East End durant les dernières décennies du XIX e siècle, qui dénonçait ce qu'il croyait être le vice moral suprême, père de tous les autres : la paresse. Se rappelant
more » ... sse. Se rappelant l'hiver 1885-1886, durant lequel on avait, dans Whitechapel, proposé à certains chômeurs de balayer la voie publique, il précisait que beaucoup avaient refusé, car ils étaient réfractaires au travail. Pour faire bonne mesure, il rapportait en outre leurs propos : « Ça, de la charité ! Nous nous plaindrons au Maire, nous casserons les vitres ! ». 1 Les enfants des pauvres n'échappaient pas à la règle. On les évoquait en des termes propres à décrire les animaux sauvages : « wild » (sauvages), « swarming » (grouillants) 2 ; leurs déplacements, ainsi que ceux de leurs aînés, sur la voie publique semblaient ne pouvoir être évoqués que par les verbes suivants : « loaf » (fainéanter) ou « idle » (flâner). 3 Encore ne s'agissait-il que de la face visible des reproches adressés aux pauvres. Intempérance, manque de prévoyance, hygiène déplorable, faillite économique et professionnelle permanente, etc., autant de tares, apparemment caractérisées, qui, aux dires de beaucoup, expliquaient à elles seules toute la misère. L'historien français H. Taine, grand habitué des voyages outre-Manche, aurait certainement repris tous ces éléments à son compte, lui qui avait écrit à propos de certaines ruelles du quartier de Shadwell, au début des années 1860, qu'elles étaient « comme un égout humain qui se vide tout 1 Samuel
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